|

Le tracé de la route des épices
Le calendrier de la navigation des commerçants de la route des
Indes était commandé par le rythme de la mousson. Les vaisseaux
devaient profiter du vent du sud-ouest pour être portés vers
l'Asie. Trois routes pouvaient être empruntées : le passage intérieur par le canal de Mozambique, la grande route
par le sud-est, et la route intermédiaire avec une relâche
aux îles Mascareignes.
La route intermédiaire
C'était la route la plus appréciée, Il s’agissait
de passer à l'est de toutes les îles, au nord-est de Madagascar,
en se dirigeant vers le sud pour trouver les vents dominants d'ouest,
puis jusqu'au 72° longitude orientale (sous le méridien des
îles Saint-Paul et Amsterdam). Les navires devaient ensuite remonter vers
le nord et franchir l'équateur. S'offraient alors deux voies,
soit vers le 85° de longitude pour le détroit de la Sonde,
soit vers le 80° pour se rendre en Inde. Les bâtiments pouvaient
effectuer ce trajet à partir du Cap et se diriger vers l'est
jusqu'à reconnaître l'île Rodrigues et gagner l'île
de France ou au nord-ouest pour entrer dans le rade de Port-Louis, l’escale
pouvait durer jusqu’à 2 mois.
Les routes sur les côtes d'Asie
Au-delà du canal des Neufs degrés, les vaisseaux prenaient
la route jusqu'à la côte Malabar, puis longeaient la côte
jusqu'à la vue du Cap Comorin, s’accostant à la pointe
de Galle, au sud du Ceylan. Galle est une escale rarement utilisée,
car sa rade est trop difficile d'accès. Les bateaux ne sont pas
obligés de s'arrêter à Galle, ils peuvent se rendre directement
jusqu'à la baie de Trinquemalé (partie orientale de l'île,
utilisée entre juillet et octobre), puis traversent la côte
de Coromandel jusqu'à Pondichéry. Après octobre,
cette route est difficilement praticable. Le changement de mousson entraîne
des coups de vent violents jusqu'en janvier. La navigation est dangereuse
dans la baie de Pondichéry. Les vaisseaux peuvent s'abriter soit
dans la baie de Merguy au Pégou, soit dans celle d'Achem, au nord
de Sumatra. Il arrive d'utiliser parfois la rade de Mahé. Tous
les européens qui font du commerce sur la côte Coromandel
pratiquent un hivernage analogue, les hollandais se retirent à
Batavia et les anglais à Trinquemalé. Les vaisseaux pour Bengale effectuent souvent une escale d'une dizaine
de jours à Pondichéry, afin de prendre des roupies, puis
ils gagnent l'entrée du Gange en une dizaine de jours. Ils suivent
la côte et utilisent le vent sud qui souffle régulièrement
de juin à octobre. Il faut ensuite remonter l'Hougly pour atteindre
Chandernagor. C'est une opération pénible et dangereuse
à cause des courants violents et des crues brutales. Dans ce cas, la sécurité
du bâtiment repose sur la compétence du pilote. Toutes les
compagnies européennes entretiennent un "pilote du Gange".
La remontée du fleuve est d'environ d'une quinzaine de jours.
|