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L’île Maurice a une place importante dans la carte
des oiseaux migrateurs car on est à l’endroit où il
fait le plus beau quand il commence justement à faire très
froid dans l’hémisphère du Nord. L’île
Maurice a ses propres espèces qui ont évolué de manière
singulière comme le gros Cateau Vert qui a comme cousin le perroquet
d’Afrique.
Les oiseaux de l’île Maurice : un paradis d’oiseaux….
La faune de l'île Maurice est depuis
l’origine très riche d’une multitude d’espèces
d’oiseaux aux provenances diverses. En effet, avant la colonisation
de L’île Maurice, on pouvait entendre dans nos forêts
et bois de très beaux spécimens d’oiseaux trisser, gazouiller, et roucouler. Certains sont maintenant disparus.
Leurs chants étaient joyeux et naïfs car ils ne connaissaient
encore aucun prédateur aussi dangereux que l’homme. Des chercheurs
étrangers, naturalistes et ornithologues, viennent observer chaque
année des spécimens locaux et autres oiseaux de passage,
les migrateurs. L’étude des oiseaux dans le contexte de l'histoire
naturelle à l’île Maurice a connu les apports de scientifiques
français comme le naturaliste Oustalet en1896 qui analysa les notes
inédites du mauricien Julien Desjardins ainsi que celles du français
Philibert Commerson et ajouta des commentaires historiques et techniques.
Durant l’occupation anglaise, en 1912, un militaire anglais en garnison
à l’île Maurice fit quelques récits détaillés
qui seront plus tard très précieux pour les chercheurs. Dans ces récits il fit la remarque que ces oiseaux
s’approchaient facilement des gens et certains avaient un chant
mélodieux. Aujourd’hui, on peut observer des oiseaux sur les plages, lorsque le soleil se couche. On peut alors voir leurs silhouettes fouillant le sable
pour chercher des vermisseaux, ou sur le rebord d’une pirogue guettant
la surface de l’eau à l'affût des petites bandes de poissons argentés
qui passeraient par là. Dans cette grande population d’oiseaux,
il s’agit de distinguer les espèces exotiques, les espèces
indigènes et les espèces uniques à notre île
qui sont protégées.
Les oiseaux exotiques
Martins, Boulbouls, Moineaux sont exotiques et ont été
introduits par des visiteurs ou des colons. Apportés par bateau dans de petites cages, ils sont l'héritage des voyages et expéditions passées.
Espèces indigènes
Ce sont des espèces arrivées ici par leurs propres moyens
comme le perroquet, qu’on appelle ici le cateau vert.
Espèces uniques à notre île
Tel le dodo, espèce qui n’aurait existé que sur notre
île.
Espèces protégées
Comme le Crécerelle, le pigeon des mares,…
Les Migrateurs
Dirigés par leurs instincts, les oiseaux migrateurs, fuient l’hiver
ardu des pays du nord en traversant des continents pour venir se réchauffer
au soleil de l’Océan Indien chaque année à
la même période. Les endroits préférés
des volatiles sont les îlots entourant l’île Maurice,
comme l’île Ronde, véritable sanctuaire d’oiseaux
migrateurs, ainsi que l’île Aux Aigrettes au large de la côte
est de l’île. Ces îles sont désormais classées
comme patrimoine mondial. On peut y trouver le fameux Pétrel, un
oiseau qui ne se trouve que sur cette île et sur l’île
de Trinidad au large de la côte brésilienne. Vous trouverez une belle reconstitution de cet oiseau au musée d’histoire naturelle à Port-Louis. Néanmoins, le plus
beau spécimen est un Damier du Cap, bagué à Campbell
en Nouvelle Zélande le 27 juin 1957 et capturé à
Cap Malheureux. Cet oiseau était capable de traverser jusqu'à 10
000 Km.
Espèces endémiques
Des espèces endémiques ayant existé sur l’île,
seul le dodo fait l'objet d'une reconstitution grâce aux ossements, peintures
et autres récits de colons, surtout lors de la période de l’occupation
hollandaise. Bien d’autres espèces endémiques semblent
avoir été les hôtes de nos forêts mais qui ne subsiste
malheureusement d'eux que quelques notes et gravures comme par
exemple le « grèbe », oiseau occupant les mares et
dont quelques ossements furent trouvés dans la Mare Aux Songes.
L’oiseau se nourrissait sur les berges vaseuses des rivières
où, à coup de bec, il fouillait le sol à la recherche
de petits crustacés qui constituaient sa base alimentaire.
Le Bengali
Le bengali est un oiseau de grand espace qui aime flâner sur les
étendues de grandes herbes en se posant de temps à autre
le long des tiges. L’adulte présente une robe grise tachetée
de noir devenant plus claire sous la gorge. Le bec est rose ainsi que le
contour des yeux. Les yeux eux, sont vifs et clairs. Comme le Serin, le Bengali se fait souvent piéger sur une
tige badigeonnée de glue savamment préparée par des
enfants espiègles. Le Bengali se nourrit de grains qu’il
trouve dans les champs de graminées comme le « fatak ».
Dans ces mêmes champs, le Bengali trouvera des tiges qui lui serviront
à construire son nid pendant la saison des amours. Le nid du Bengali est assez particulier car il est composé de 2
chambres ; la principale qui nichera la femelle et sa progéniture
et l’autre, sorte de petite guérite où dormira le
mâle. Le mâle aidera sans cesse la femelle à couver
les œufs, d’un nombre de quatre à cinq, qui sont déposés
dans le nid principal. Un autre oiseau, dit « Bengali Moucheté », vivait sur
l’île avant de disparaître à la suite de cyclones
vers la fin du 19è siècle. Néanmoins, on rencontre
le Bengali en compagnie d’un autre oiseau de même taille,
le damier dit « Pingo », dont le dessin sur la poitrine rappelle
un carrelage. Bien que le Bengali et le damier aient la même taille,
ils ne partagent pas les mêmes comportements sociaux.
Le Boulboul ou Condé (hypsipetes olivacea)
Le Boulboul ou Condé, est un oiseau exotique qui mérite
bien son nom car il ressemble en effet à une petite boule de plume
surmontée du petit « pic » de plumes et de duvet qui
lui donne un air tout à fait mignon. Le Boulboul possède aussi un bel organe qui lui a valu le nom de
« rossignol persan ». D’ailleurs, la couleur de son plumage
rappelle celle du ténor de récital portant plastron blanc
et jaquette noire. Les yeux sont contournés de plumes rouge vif
et cet ornement sert à provoquer et éblouir les yeux des
rivaux lors d’accrochages car ces petits oiseaux peuvent être
agressifs entre eux. Ils se nourrissent de fruits divers comme la banane, la goyave, ou encore
la papaye mais aussi de grains et même d'insectes. Quant à
son comportement social, le boulboul est un oiseau grégaire. Ainsi,
en hiver, on peut observer leurs déplacements en groupes. La reproduction se passe en été où les mâles
se livrent farouchement bataille pour conquérir leurs belles avant
de s’isoler pour nicher dans des buissons, et quand les buissons
se font rares, le boulboul ne dédaigne pas les haies entourant
les maisons des hauts plateaux.
Le Cardinal de Madagascar
Le mâle de cet espèce arbore une robe des plus éclatantes,
d’un rouge brillant. En été, pour séduire lors
des parades nuptiales et défier ses rivaux, le mâle se transforme
en un éblouissant oiseau rouge. En dehors de la saison des amours,
le petit oiseau à la foule grise picore gentiment dans les plaines.
Et quel contraste avec la femelle, terne et grise. Celle-ci ne fait que
s’occuper des choses pratiques comme la construction minutieuse
du nid familiale lorsque le mâle, vaniteux et presque insouciant,
parade tout en sifflant joyeusement. Le cardinal de Madagascar se nourrit de graines et d’insectes.
Le Cardinal de Maurice (Foudia rubra)
Le cardinal de Maurice n’est pas aussi tape à l’œil
que son cousin, le cardinal de Madagascar. En effet, le plumage rouge
du mauricien ne couvre que la partie supérieure du corps ; la tête
et la gorge. Le restant du corps est gris et tacheté de noir. Le
bec, petit, est de couleur noir et brillant.
Le cardinal de Maurice est couramment appelé « zozo banane
» car il est souvent aperçu cherchant sa nourriture, des
insectes, dans les bananeraies. Le cardinal aime aussi déguster
les baies rouges que l’on trouve dans les bois.
Cette espèce partage les mêmes mœurs que le cardinal de Madagascar. La femelle, terne et grise, assume les responsabilités.
Elle a la tâche de construire le nid, de couver les œufs et
ensuite de nourrir les oisillons. Le mâle aide cependant à
nourrir les petits et à chasser les intrus qui s’approcheraient
dangereusement du nid.
Le Cateau Vert
A Maurice, l’appellation « Cateau vert » désigne
aussi bien ce bel oiseau qu’une variété de poisson
de nos lagons, aussi communément appelé poisson perroquet,
de couleur verte aussi vive. Le cateau vert est en fait une espèce
indigène de perroquet venue d’Afrique, sans doute dans la
cale d'un des nombreux bateaux qui accostèrent au vieux Grand Port. On le représente souvent sur l’épaule d’un capitaine de bateau
tel le personnage de Long John Silver. Il est fort probable que cette
espèce se soit échappée de sa cale pour pénétrer
les épaisses forêts de l’île de France au 19è
siècle. Son plumage est vert et brillant et son bec est puissant et
de couleur rouge. Il se sert de sa tenue verte pour se camoufler dans
les feuillages. Perché sur une branche, il se confond parfaitement
avec son environnement. Malgré sa faculté à se dissimuler,
cet espèce fut bientôt en voie de disparition dès les
premières tentatives de colonisation de l’île par les
hollandais. Le cateau vert fut l'une de ces espèces d’oiseau
qui s'approchèrent bêtement des hommes et se firent ainsi
massacrer.
De nos jours, avec la diminution de nos aires boisées et à cause des singes
qui peuplent les forêts, le cateau ne se compte plus que par dizaines. Le mode de vie de l’oiseau, comme le révèle les observations
faites par des naturalistes, se constitue de journées actives où
l’oiseau cherche des graines qu’il n’a aucune difficulté à briser à l’aide de son bec puissant. Quant à la vie de couple, c’est la femelle seule qui couve
les œufs bien que le mâle lui apporte de fréquentes
becquées.
Le coq des bois (Terpsiphone bourbonnensis)
Le coq des bois est un petit oiseau aussi appelé « gobe
mouche », car il est friand de ces petits insectes volants.
C’est un oiseau dont la beauté laisse admiratif. C’est
en effet un petit oiseau qui a grande allure avec son semblant de crête
à éclats bleus, ses ailes et son dos de couleur châtain
doré, son plastron gris et ses yeux contournés d’une
couleur pâle. Tous ces éléments réunis donnent
un ensemble esthétiquement surprenant. D’ailleurs, cet oiseau
rappelle les peintures japonaises à l’encre de Chine montrant
un des proches cousins du coq des bois. Durant la période de reproduction, le mâle déploie
toute la beauté de son plumage en étalant sa
queue et en relevant son bec. Son cri est assez mélodieux, surtout
durant cette période. La femelle s’adonne quant à elle à la
tâche de construire un petit nid douillet à l’aide
de brindilles et de fils d’araignée. La femelle couvera les
œufs et le mâle défendra farouchement son territoire.
Le corbeau
Le corbeau est une espèce indigène dont le peuplement remonte
à assez peu de temps, durant les années 60. Durant
le 19è siècle, il y eu des tentatives d’introduction
de corbeaux de Madagascar et de l’Inde pour contrôler la population
de rats. Ces tentatives se terminèrent cependant par un échec.
Cette espèce de corbeau était connues pour être les
compagnons de voyage en mer des marins d’Extrême Orient traversant
l’Océan Indien. Les individus de cette espèce se sont
en effet très bien adaptés et se sont multipliés.
A Maurice, on pourrait lui donner le nom de « Charognard des villes
». En effet, les corbeaux se sont installés dans les environs
de la capitale, surtout à la Plaine Verte et aux alentours du port.
On peut les voir guettant les restes de nourriture jetés à
même le sol par les citadins ou encore les cadavres de rats, réels
parasites de la capitale.
Néanmoins, le corbeau est devenu lui-même un parasite, ce
qui a amené les autorités à faire appel à
des professionnels étrangers à fin de recommander des méthodes
d’extermination de cet oiseau. Perché sur les rebords des enseignes des boutiques, ou sur les
branches d’un grand banian de la capitale, comme dans le jardin
de la compagnie, les corbeaux sont dédaignés par tous les
passants. Leur robe et leur bec noirs, ainsi que ce coassement rauque
qui les caractérise leur donnent un aspect de croque mort, d’oiseau
de mauvaise augure. Cette perception du corbeau ne semble pas prête
à être dissipée vu que l’oiseau a maintenant le statut de parasite. Le corbeau est un oiseau grégaire aimant vire volter
en plein air et faisant toutes sortes d’acrobaties aériennes
dirigées par un meneur de jeu. Comme beaucoup d’autres espèces,
la tâche de la couvée incombe à la femelle. Le mâle
se montre quant à lui très agile à récolter
des brindilles pour la construction du nid. On remarquera surtout chez
cet oiseau sa fidélité conjugale.
La crécerelle (Falco punctatus)
Le crécerelle est un oiseau de proie, armé d’un bec
crochu qui lui donne ce faciès inquiétant. Il a l’œil
agile et est capable de déceler de très haut un insecte
rampant sur le sol.
A Maurice, on peut trouver notamment quatre espèces d’oiseaux
de proie ; deux espèces en visite et deux espèces résidentes.
L’un des deux visiteurs est une espèce africaine vivant dans
la région libyenne à Madagascar, l’autre est le faucon
pèlerin qui peut traverser des distances de 10 000 Km.
Un des résidents est donc la crécerelle, petit faucon
au dos châtain foncé et au reste du corps blanc, parsemé de petites tâches de couleur marron chocolat qui
ressemblent à de petits cœurs. Quant à son mode de
vie, le crécerelle s’abrite dans des trous d’arbres.
Les femelles s’occupent de couver les deux à quatre œufs
qu’elle a déposés dans le nid. Les mâles chargent de ravitailler la nichée avec de la nourriture. Autrefois,
quand ils étaient en grand nombre, les fermiers les appelaient
« mangeur de poule ». Cet espèce protégée de l’île fut une vraie
« success story » de l'effort national de préservation alors qu’il
ne restait plus que six petits faucons dans toute l’île. Le déboisement avait contribué à son déclin.
Pour sauver la crécerelle dans les années 80, l’île
Maurice reçut le concours des organisations étrangères
oeuvrant pour la sauvegarde des espèces d’oiseaux en voie
de disparition. L’oiseau fut capturé, bagué et les
scientifiques essayèrent d'acclimater ces crécerelles à une reproduction
en volière. Ces opérations de quasi sauvetage se passaient
dans un périmètre protégé, le parc naturel
de la Rivière Noire. Les scientifiques les nourrissaient avec de la
viande de volaille hachée ou des souris blanches spécialement
élevées. L’opération fut un succès car
bientôt on pouvait compter de nouveaux individus dans cette petite
population. Ces petits furent relâchés en pleine nature
et aujourd’hui le nombre de crécerelles est passé
à quelques 400 individus. La survie et la prolifération
de cet oiseau dépendent principalement de l’espace boisé
qui lui est disponible pour la chasse. En outre, les prédateurs
ne manquent pas, tels les singes (jacquots) qui guettent la moindre opportunité
de venir piller le nid non surveillé et prendre œufs et
fauconneaux.
Le paille en queue
Le paille en queue est l’oiseau emblématique de notre ligne
aérienne nationale. Cette appellation est due aux plumes qui ressemblent
à des brindilles de paille qui sortent de la base de la queue. On
l’a souvent appelé paille-en-cul dans le passé, mais
ce nom fut vite changé pour des raisons évidentes. C’est
un oiseau pêcheur qui n’hésite pas à faire des
plongeons spectaculaires pour capturer des petits poissons. Le jeune paille
en queue couvert de duvet, attend patiemment les parents qui lui
apportent sa becquée de nourriture. Il ne s’approche jamais
des hommes et affectionne le relief sauvage du littoral ouest et sud où on le voit souvent traverser le ciel bleu avec sa silhouette gracieuse
et blanche. La femelle pond dans les cavités des falaises comme à la
Grande Rivière Nord-Ouest ou sur des îlots au large de nos
côtes, comme sur l’île ronde.
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