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La Faune mauricienne comporte diverses espèces d’animaux dont très peu sont des espèces indigènes car la majorité des animaux à Maurice furent introduits à la suite de sa colonisation au 17ème siècle. Ainsi on connaît le cerf de Java, les sangliers d’Asie et malheureusement aussi des rongeurs (Rattus rattus) dévastateurs, échappés de navires naufragés qui peuplèrent les bois de Maurice. Les espèces indigènes sont principalement des oiseaux comme la Crécerelle ou encore le Pigeon des Mares. Il y a aussi des mammifères protégés à Maurice comme la chauve-souris roussette. Aussi, les petites îles appartenant au territoire mauricien comme l’île plate et l’île ronde sont décrétées sanctuaires naturels et patrimoine du monde car des espèces d’insectes et d’oiseaux très rares au monde y subsistent encore aujourd’hui.

Le lièvre : Lepus nigricollis (Lagomorphes)
Buffon, citant de Querhoënt, décrit le lièvre comme déjà existant à Maurice en 1776. Originaire de l’Inde, il fut introduit dans les îlots du nord. Il subsiste encore au Coin de Mire. La chasse au lièvre est un sport traditionnel à l’île Maurice. Il a ses fanatiques et les voitures, tirant derrière elles un chenil mobile dans un concert d’aboiements au petit matin, sont une rencontre assez fréquente le dimanche sur les routes vicinales. Le civet de lièvre est un plat très recherché. Le gibier est macéré dans du vin auquel on a ajouté des clous de girofle et du quatre épices pendant une journée.
Les histoires de chasse au lièvre sur les propriétés sucrières sont palpitantes et se racontent aux enfants.

Le cerf : Cervus timorensis (Cervidés)
C’est durant la colonisation de l’île par les hollandais et alors que Cornelius Simonsz Gooyer gouvernait la colonie que le grand navire Keppel en 1639 apporta les premiers cerfs de l’île à Grand port. Le Keppel apportait également bon nombre d’animaux domestiques comme des poules, des canards ou encore des lapins. Les cerfs furent lachés dans la forêt la plus proche et ceux-ci s’adaptèrent merveilleusement bien dans ce nouveau habitat. Cinquante ans après, le gouverneur Lamothius écrivait à ses supérieurs au Cap de Bonne Espérance que le cerf étant en surabondance, cette viande pourrait être conservée par la salaison et expédiée en grande quantité au service de la compagnie. Aujourd’hui, la chasse au cerf est devenu un sport très pratiqué. La période de chasse s’ouvre en juin pour se fermer le dernier dimanche de septembre. Une industrie en est même née : l’élevage du cerf en « Feed Lots » pour la consommation locale et l’exportation. Extraordinaire retour aux sources, des couples de Cervus timorensis furent transportés à Java en 1989 pour enrichir le cheptel. Le cerf a mérité ses lettres de noblesse et supporte avec le dodo les armoiries de l’île maurice. Dès le mois d’août les grands mâles commencent à descendre les plaines, d’où le vent leur apportera bientôt l’odeur des hardes qui s’y rassemblent. Les arbres dans les sentiers qu’ils empruntent portent souvent l’entaille de leurs bois.

Le « Tendrak » ou « Tangue » : Tenrec ecaudatus
Introduit de Madagascar à la fin du 17ème siècle par le français Milbert. On trouve le tendrak à Maurice dans les régions boisées ou comportant des obstacles pouvant servir de terrier à ce hérisson. Ainsi, on peut retrouver des individus aux abords des champs de cannes à sucre et dans les forêts. Pendant les mois d’hiver, le tendrak se creuse un terrier à l’aide de ses petites griffes pour y hiberner du mois de juin à septembre. C’est toujours un spectacle que de voir la mère du tendrak montrant à ses cinq ou six petits l’art de chasser dans le verger. L’œil aux aguets, la moustache dressée, le poil raide, elle gratte le tapis de feuilles mortes où son nez mobile et rose plonge de tous côtés à l’affût de vers ou de chrysalides. Dans le jargon populaire, on désigne le tendrak comme « Ti Vitesse ». La chasse au tendrak fait partie du folklore mauricien et peut être observée en action dans les campagnes, couvert d’un vieux feutre mou, bâton à la main et sac sur l’épaule. On guette l’animal quand celui-ci, sentant le jeune soleil réchauffer les murets, se risque imprudemment hors de son gîte nocturne. Certains gourmets affectionnent beaucoup sa chair, surtout au moment de l’hivernage, quand elle est recouverte d’une épaisse couche de graisse. Avant de l’apprêter, il est impératif d’enlever la glande à musc et l’épine dorsale.

La chauve-souris (Macrochiroptères)
La chauve-souris roussette, typique de l’île, est une espèce maintenant menacée d’extinction car la destruction de son habitat, les forêts, ainsi que la rareté de sa nourriture (la chauve-souris de Maurice est principalement frugivore) en fait une espèce vulnérable. Il y avait jadis deux espèces de chauves-souris frugivores ou roussettes à Maurice. Rodrigues possède une chauve-souris frugivore, Pteropus rodriguensis. Sa population est estimée à deux cents individus et est protégée. Cette espèce à Rodrigues est très connu dans le cercle des scientifiques et elle fut même mentionnée dans le livre « Golden bats and pigeon » de Gerald Durell. Les deux espèces propres à l’île Maurice sont le Pteropus niger et Pteropus subniger, qui était de plus petite taille. Cette petite variété, que l’on pouvait trouver cachée dans les troncs d’arbres et les cavernes durant la journée, disparut de Maurice vers 1864, victime d’une chasse sauvage par les hommes et les rats. Néanmoins, l’espèce Pteropus niger se maintient dans certaines zones forestières du sud-ouest de l’île Maurice. Le mode de vie des chauves-souris est semblable aux autres espèces connues. Elles se rassemblent en colonies le jour, pour voler au crépuscule vers les bosquets d’eucalyptus ou de sisals en fleurs. En été, leur nombre, moins important aujourd’hui, n’est plus une grande menace pour les récoltes de litchis ou de mangues. Dans les forêts, certains fruits sont préférés, par exemple ceux des rubiacées, Fernelia buxifolia et pyrostria trilocuralis que l’on appelle Bois Chauve-souris. Les chauves-souris insectivores (Microchiroptères) sont les Taphozous mauritianus et Tadarida acetabulous. Deux espèces de petites chauves-souris insectivores vivent à l’île Maurice et à la Réunion où une troisième espèce, Scotophilus borbonicus, a disparu vers 1867 selon Cheke et Dahl. Selon ces derniers, ces espèces se retrouvent en Afrique et à Madagascar et ont émigré aux Mascareignes.

La chauve-souris banane : Taphozous mauritianus
Cette espèce à ventre blanc s’abrite le jour sous le toit des maisons et dans les cavernes du littoral. On la voit traverser dans la zone de lumière des lampes extérieures des villas de la côte pour chasser des insectes. On trouve cette espèce surtout sur la côte ouest.

La chauve-souris Herman : Tadarida acetabulosus
Cette espèce plus petite et de couleur plus sombre partage souvent l’abri des cavernes avec la petite hirondelle comme à la Savane où Rivalz Chevreau alla les photographier. Ses excréments à forte odeur d’ammoniaque attirent des myriades de blattes et il suffit alors de lever la tête pour apercevoir dans le faisceau de la lampe des grappes de chauves-souris accrochées à la voûte de basalte.

Le crocodile
Le « Vanilla Crocodile Parc » sur la côte ouest du pays est le seul endroit où on peut voir des crocodiles qui furent à l’origine importés de Madagascar.

Le sanglier (Cochon marron)
Le sanglier fut introduit à Maurice dans le même but que le cerf par les hollandais, c'est-à-dire pour servir de nourriture pour les colons. Bien qu’on puisse voir seulement quelques individus au « Vanilla Parc », il en existe encore quelques centaines qui vivent dans les espaces sauvage comme dans le parc de la Rivière Noire. La chasse au sanglier a bien sa place dans le folklore mauricien et cette chasse se pratique toujours bien que très peu désormais puisque la population de ce gibier a considérablement diminué.


La tortue : Geochelone inepta
Des tortues terrestres de très grande taille, comme celles qui existent toujours aux îles des Seychelles, vivait autrefois à Maurice. Il était alors connu que cet animal pouvait vivre jusqu’à une centaine d’années. Les Hollandais furent frappés d’étonnement devant leur multitude et l’on trouve encore leurs ossements dans les marécages de notre île. Chacune des îles Mascareignes possédait deux espèces de tortues et, parmi divers palmiers, une espèce particulière de latanier. Les tortues attendaient la maturité des dattes de la palmeraie, spécialement du latanier, qui survenait de mars à septembre pour s’engraisser. Les causes de leurs disparition furent, entre autres, les prédateurs comme le sangliers et les rongeurs. Bien que ces tortues de grande taille aient disparu à Maurice il existe toujours des spécimens de taille moyenne et pour quelques uns centenaires que l’on peut voir par au zoo du Casela.


Le rat noir
Le rat noir, ce sinistre rongeur qui infestait l’île et causa la mort de milliers de personnes au 19ème siècle en propageant le cholera s’était probablement échappé de navires naufragés. Des débris de vaisseaux furent découverts sur les récifs du Grand Port par les marins de Van Warwick en 1598. Ces terribles envahisseurs, encore présents dans les régions urbaines comme en forêt, avaient commencé leur œuvre de destruction dans l’ombre, ne se révélant à l’Amiral Matelief qu’en 1606, quand ils avaient avaient exterminé les proies faciles comme les serpents et certains gros lézards. Aujourd’hui le Rat Noir, moins nombreux dans les régions urbaines grâce aux campagnes de dératisation menées par l’Etat, sévit toujours dans les bois où il est la cause de la destruction de nombreux nids d’oiseaux.

La Souris : Mus Musculus (Muridés)
L’abbé de la Caille rapporte la présence de la souris en 1753, durant ses travaux d’arpentage à l’Ile Maurice. Répandue dans les trois Mascareignes, la souris dut arriver de l’Inde dans les cargaisons. Elle habite aujourd’hui aussi bien la forêt que les zones urbaines. Cheke pense qu’elle a probablement contribué à la disparition du Scinque de Bojer dans l’île.

Le rat musqué : Suncus murinus (Soricidés)
Le rat musqué fut décrit par Buffon en 1776 comme existant à Maurice. Il arriva de l’Inde sur des navires accostant l’île. Il doit son nom à la forte odeur de musc qui se dégage de son corps. Observé à la Réunion dès 1730, il ne semble pas avoir atteint Rodrigues. C’est un insectivore.

Le Macaque de Java : Macaca fascicularis (Cercopithidés)
Selon toute probabilité, le singe de Java a dû être introduit par les premiers visiteurs hollandais qui ne s’en ventèrent pas. L’un deux confia au Capitaine de la Merveille à son passage à l’Ile maurice en 1709 « qu’une multitude de singes et de rats détruisaient tout ». Le Macaque n’atteignit jamais l’île Rodrigues. Depuis des années on en élève en captivité à l’île de la Réunion. A Maurice, le singe est un prédateur des nids de nos oiseaux endémiques et des espèces introduites et cause beaucoup de dégâts. Aujourd’hui on peut les observer au Casela. C’est surtout les amateurs de la chair de ce singe qui partent à la chasse dans les régions boisées comme dans la forêt de macchabée sur les hauts plateaux.

   
 
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